9 août 2014

UNE NUIT ÉTOILÉE

Les pieds nus sur l'asphalte. Il a froid. Son esprit bouillonnant le défie en images. Il a peur. Le goudron lui est trop agréable. Son cœur bat pour épuiser les derniers instants. Souvenirs inépuisables.
Les orteils se manifestent légèrement. Ils ont hâte. Sa hanche s'adapte au mouvement et s'immobilise. Il avance. Ses paupières s'abaissent lentement. Le vent le caresse brutalement. Caresse insaisissable.
Les mains accrochées aux vêtements. Il a mal. Bien qu'immobile, il a l'impression de tomber. Bien que souriant, il a l'impression de pleurer. Le sourire lui fend le visage. Douleur agréable.
Les éternelles minutes de silence. Il espère. Un des genoux tremblants forme un angle droit. Il accélère. La respiration se fait entendre sourdement. Il s'altère. La tête inclinée veut résister, incapable.
Ses pieds nus ne touchent plus, ses orteils ne se hâtent plus, ses mains ne s'accrochent plus, son esprit ne le défie plus et son sourire n'existe plus. Le silence, quant à lui, reste un présent impérissable.
Il a sauté dans une nuit étoilée.  


Paris, 2014